Health

Projet JASRAC/FESADE : Place aux Dialogues Communautaires dans les Districts de Santé

Les districts de santé qui font partie du projet JASRAC piloté par FESADE et PAI sont à pied d’œuvre depuis le 22 décembre 2023.

Sur les quatre districts de santé qui font partie du projet dénommé : « Jeunes en Action pour la SRAJ au Cameroun », les districts de santé de Garoua-Boulai et de Batouri ont déjà entrepris des dialogues communautaires sur le terrain selon le chronogramme des activités qui a été présenté lors de l’atelier organisé du 22 au 24 novembre 2023 à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est.

Garoua-Boulai, ville frontalière a la République Centrafricaine (RCA) et très connue parce qu’elle abrite de nombreux réfugiés et déplacés interne, est regroupé en district de santé dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet.

C’est la raison pour laquelle, la ville de Garoua-Boulai qui permet aussi de rallier le septentrion (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord) du pays, a abrite du 22 au 23 décembre une série d’activités qui entrent dans le cadre du projet JASRAC.

L’une de ces activités est le dialogue communautaire qui s’est tenue le vendredi 23 décembre 2023 à la paroisse notre dame de l’espérance.

Cette activité clé a permis de réunir des leaders traditionnels et religieux, les leaders des associations locales et une centaine de jeunes.

L’ONG Femmes-Santé-Développement (FESADE) a été représentée à la rencontre par Jinette Laure Tchuisseu, cadre d’appui régional du projet JASRAC à FESADE.

Les échanges ont été menés par Gatien Gouessa Goleke Yari, président d’Assprosocial de Garoua-boulai.

Les participants au dialogue communautaire ont relevé plusieurs fléaux qui minent l’éducation des adolescents et jeunes dans cette partie du pays et ont par la suite proposé certaines pistes de solutions.

Selon l’un des leaders traditionnels convié à cette rencontre, les sujets de sexualité sont encore  tabou et c’est l’un des freins au développement et qui par ailleurs est une entrave à l’avancement des indicateurs de la sante de reproduction.

« Dans nos sociétés la sexualité reste assez taboue dans les ménages. Que les parents apprennent à parler avec les enfants. A Garoua-boulai, la question des IST est montante. Les jeunes filles sont versées dans le travail du sexe. Que les parents se fassent aider pour aborder la question de la sexualité avec les enfants. La société est l’élément majeure de l’acculturation. Selon lui, pour parler de la norme sociale sur comment aborder la question de la sexualité, commencer par impliquer les parents à tous les niveaux. Aussi, quand un jeune prend la peine de venir rencontrer un responsable pour un problème concernant sa sexualité, il doit l’aider garder l’information confidentielle et s’il n’est pas capable de l’aider qu’il l’oriente vers un spécialiste de la question. »

D’après un autre participant, responsable d’une association, les jeunes ont peur d’aller dans les unités de SRAJ parce qu’ils redoutent que leurs parents apprennent qu’ils s’y rendent. Pour les grossesses, les filles sont déjà assez informées et formées dans le calcul du cycle menstruel et elles n’acceptent plus facilement les rapports sexuels non protégés.

Le dialogue communautaire dans le district de santé de Garoua-boulai, s’est achevé après moultes échanges riches et des recommandations. L’un des points majeurs relevé et sur lequel les participants se sont basés le plus était la difficulté d’accès aux services de la SRAJ pour les jeunes bien qu’ils existent à Garoua-boulai, le problème de dialogue et l’acculturation sont des véritables freins. Et comme piste de solution, les participants ont souligné qu’il faut accentuer les séances de counseling entre les parents et les enfants voire un dialogue intergénérationnel ; l’adaptation des normes selon le contexte Africain et d’encourager les parents à reprendre les bonnes pratiques d’éducation en termes de SRAJ.

A Batouri, chef-lieu du département de la Kadey, les activités ont été lancées du 27 au 29 décembre 2023.

Cette autre rencontre capitale a permis à la représentante du projet JASRAC/FESADE dans la région de faire une descente sur les lieux afin de suivre comment le dialogue est animé par les différentes associations des jeunes sur le terrain.

Durant les échanges, les participants, que ce soit les adolescents, jeunes, leaders religieux et traditionnels ont eu à aborder plusieurs sujets qui sont en droite ligne avec la sexualité des jeunes.

Sur les produits contraceptifs, plusieurs jeunes ont posé des questions dans le but d’enrichir leurs connaissances. La question de savoir quels sont  les effets secondaires des préservatifs, des pilules, des injections etc. sur des jeunes filles a été posée et des réponses ont été données par un personnel médical par ailleurs implique dans la mise en œuvre du projet dans ce district de santé de Batouri.

Les jeunes ont voulu connaitre l’avantage des préservatifs. Et selon le personnel médical, il a été indiqué que, les préservatifs ont une double protection car ils protègent contre les IST et contre les grossesses précoces.

A la question de savoir pourquoi les jeunes ont peur de parler de la sexualité avec leurs parents ?

Certains jeunes présents ont ouvertement souligné le fait que c’est encore un sujet tabou et il ya des parents qui ne sont ouvert aux échanges.  Pour certains parents c’est un manque de respect et même comme du mépris.

Ils disent : « Parler de la sexualité avec ou en présence des parents fait honte. Il y’a aussi la peur et tout dépend de la manière dont les parents vivent avec les enfants et comme conséquence de tout ceci, les jeunes meurent à cause des avortements mal faits et reviennent avec les IST parce qu’ils ont peur des parents. »

Ce dialogue communautaire qui a également réuni du beau monde a permis de sortir avec des recommandations sous forme de solutions à ces nombreux problèmes qui affectent les adolescents et jeunes.

Il est question de voir comment organiser les dialogues dans les écoles primaires pour commencer à parler de la sexualité le plus tôt possible aux enfants ; d’accentuer les dialogues dans les écoles et dans les quartiers ; d’inclure les parents dans les séances de sensibilisation ; d’inclure les parents dans les séances de sensibilisation sur la SRAJ etc.

Rédaction TimesNews2.info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *