Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), avec l'appui de Plan International Cameroon, du Club des Ambassadeurs de la Masculinité Positive (CAMP), de la GIZ, de l'UNFPA, de l'ACAFEJ et du REJEFEMAC, a organisé ce 8 juillet 2026 à Yaoundé un déjeuner de plaidoyer avec les femmes parlementaires.

Cette rencontre de haut niveau visait à renforcer leur engagement en faveur de la finalisation et de l'adoption d'une loi spécifique sur les violences basées sur le genre (VBG) au Cameroun.

Selon les données présentées au cours des échanges, près de 43 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles au Cameroun. Une situation qui, selon les organisateurs, appelle une réponse législative renforcée afin de mieux prévenir les violences, protéger les survivantes et lutter contre l'impunité.

Un plaidoyer pour doter le Cameroun d'un cadre juridique renforcé

Les organisateurs ont rappelé que cette initiative s'inscrit dans une dynamique nationale visant à accélérer le processus d'adoption de la loi sur les VBG, à renforcer la protection des femmes et des filles, à promouvoir l'égalité de genre et à valoriser le leadership des femmes parlementaires dans l'élaboration des politiques publiques.

Prenant la parole, la Directrice des programmes de Plan International Cameroon, Yenji Mairou Epse Bihwong a souligné que les violences basées sur le genre constituent à la fois une violation des droits humains, un enjeu majeur de développement et une exigence de justice.

Elle a insisté sur la nécessité d'aller au-delà des campagnes de sensibilisation en mettant en place un cadre juridique solide capable de prévenir les violences, de protéger efficacement les survivantes et survivants et de garantir que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice.

Le MINPROFF fait le point sur l'avant-projet de loi

Représentant le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, les responsables présents ont indiqué que le Gouvernement poursuit la finalisation de l'avant-projet de loi avec la participation de l'ensemble des parties prenantes.

Ils ont révélé qu'une importante concertation interministérielle s'est tenue le 25 juin dernier sous l'égide des services du Premier ministre et que d'autres sessions de travail sont programmées afin d'aboutir à un texte consensuel avant sa transmission au Parlement.

Le MINPROFF a rappelé que la lutte contre les violences basées sur le genre est une responsabilité collective qui implique le Gouvernement, le Parlement, la société civile, les partenaires au développement, les leaders religieux ainsi que les familles.

Une loi attendue pour mieux protéger les victimes

Pour la présidente de l'Association camerounaise des femmes juristes (ACAFEJ), la magistrate, Yvonne Akoa, les parlementaires ont démontré leur volonté de promouvoir les droits des femmes et des filles.

Elle a expliqué que la future loi devra définir clairement les violences basées sur le genre, préciser les notions de genre déjà reconnues dans les documents stratégiques du Cameroun, incriminer et sanctionner les auteurs, renforcer les mécanismes de prévention, garantir des réparations aux victimes et mettre en place des procédures simples et rapides d'accès à la justice.

Selon elle, l'adoption d'un tel texte ne constitue pas une loi contre les hommes, mais un instrument destiné à protéger toutes les victimes de violences et à favoriser une société plus équilibrée.

Le CAMP plaide pour une approche centrée sur les victimes

Le Magistrat, Ulrich Xavier Ovono Ondoua, président du Club des Ambassadeurs de la Masculinité Positive (CAMP) a, quant à lui, appelé à un changement de paradigme dans la prise en charge des violences basées sur le genre.

Il a estimé que le système judiciaire actuel accorde davantage d'attention à l'auteur de l'infraction qu'à la victime. La future loi devrait, selon lui, permettre d'accorder la priorité à la protection des victimes à travers des mesures telles que les ordonnances d'éloignement, l'accompagnement psychologique, l'assistance juridique gratuite et des mécanismes de protection renforcés.

Le président du CAMP, Monsieur Xavier Ovono Ondoua a également souligné que les dispositions actuelles du Code pénal demeurent insuffisantes pour répondre efficacement à toutes les formes de violences basées sur le genre.

Les femmes parlementaires prennent des engagements

Au terme des travaux, les femmes parlementaires ont adopté une déclaration lue par la doyenne d'âge, Marlyse Soppo Toute.

Elles y saluent la qualité des échanges et réaffirment leur engagement à interpeller le Gouvernement afin d'accélérer le processus d'adoption de la loi sur les violences basées sur le genre.

Les parlementaires se sont également engagées à sensibiliser leurs collègues masculins afin d'en faire des alliés dans ce plaidoyer, à veiller à la prise en compte des principales dispositions attendues dans le futur texte de loi et à informer les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale des conclusions de cette rencontre en vue d'encourager des discussions parlementaires sur cette question.

Enfin, elles ont réaffirmé leur disponibilité à travailler étroitement avec les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers afin de renforcer les actions de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre au Cameroun.

Myriane Djamegne

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